03/09/2026
Les produits NUS à l’honneur sur les marchés de Niamey (jeudi 03 septembre 2026).
Cette semaine, nous nous intéressons aux produits NUS, communément appelés cultures négligées ou sous-utilisées. Ils occupent une place stratégique pour la sécurité alimentaire, la résilience climatique et le développement économique local au Niger.
Autrefois piliers de l'alimentation traditionnelle, ces cultures (patate douce, manioc, moringa, gombo, voandzou, courge, sésame, oseille de Guinée) ont été progressivement marginalisées au profit de céréales (mil, riz, blé, maïs, etc.). Ces espèces apportent des profils nutritionnels riches en protéines, micronutriments et fibres, parfois supérieurs aux cultures majeures. Elles sont également riches en fer, zinc, vitamine A ou calcium.
Beaucoup de ces espèces sont rustiques, tolérantes à la sécheresse, aux sols pauvres ou salins, et nécessitent peu d'intrants (engrais, eau, pesticides). Elles représentent un patrimoine génétique précieux pour la sélection variétale future, face à l'instabilité climatique croissante.
Elles offrent des opportunités de revenus pour les petits producteurs, notamment les femmes, souvent responsables de leur culture et de leur transformation dans de nombreuses sociétés.
Leur valorisation (transformation, labellisation, filières courtes) peut créer de nouveaux marchés de niche, y compris à l'export (marchés « superfoods »).
Malgré ces atouts, les NUS souffrent d'un manque de recherche agronomique et de filières de commercialisation structurées, ainsi que d'une image parfois dévalorisée (« aliments de pauvres »). Les politiques agricoles ont longtemps favorisé les cultures de rente et les céréales majeures, au détriment de ces espèces.
Le voandzou ou pois de terre (Vigna subterranea) damsi goudourkou en zarma et el kouriga en haoussa a fait sa première apparition sur le marché de Katako. Il provient de Koré Mai Ruwa (département de Doutchi) et arrive en grande quantité.
Le sac de taille 50 kg se négocie entre 10.000 et 11.000 F prix de gros, et se vend en détail à raison de 500 F par tia. Ce prix est très inférieur à celui observé à la même période l'an dernier (1 000 F CFA le tia), soit une baisse de moitié, un signal d'une offre abondante en ce début de saison.
Le voandzou (Photo1) est une légumineuse à haut potentiel nutritionnel, particulièrement appréciée au Niger pendant l'hivernage. Il constitue une source de protéines comprise entre 16 et 21 %, et de glucides entre 50 et 60 %. Il s'agit d'une plante hautement calorique, avec environ 387 kcal pour 100 g, riche en vitamines et en éléments minéraux, et bien équilibrée en protéines.
La courge et le manioc arrivent en grande quantité et de façon continue sur les marchés de Niamey, en provenance du département de Gaya.
La « koriya », 100 unités de courges de grand calibre se vend à 130.000 F et pour le petit calibre à 60 000 F. La vente en détail varie entre 750 et 2 000 F l’unité selon la taille. Le sac d’environ 120 kg de manioc se négocie entre 10 000 et 12 000 F.
Fanta Mady Cissé / RECA