art-chignaned

art-chignaned C'est une petite flaque crée au départ pour la Grenouille, un peu en sommeil aujourd'hui mais le

La page de la grenouille qui sommeille et que veille à entretenir le dit Serge Mathurin THEBAULT en attendant son réveil

4 octobre 2026Mes lèvres chuchotent au creux du lobe de se petite oreille, fine, des  vers de Guillaume Apollinaire dont...
04/10/2026

4 octobre 2026

Mes lèvres chuchotent au creux du lobe de se petite oreille, fine, des vers de Guillaume Apollinaire dont: « tes seins sont les seuls obus que j’aime ».

En même temps, les doigts de mon bras court caressent le mamelon de son robert gauche, raidi sous l’effet de la caresse, tandis que, les lutins de l’autre main constatent l’humidité immiscée dans sa toison

Je le vécus, moi aussi, le plaisir charnel, parcimonieusement. Mon refus du faux et du couple, un physique quelconque, emmanché d’un bras tournicoté, ne facilitèrent pas la libido. Le manque d’oseille plomba l’affaire. La rareté apporte du divin à ce geste anodin surtout quand il est la conséquence d’une poétique rencontre.

Il y en a eu, quelques unes, souvent gracieuses. « Canon » sifflaient les envieux copains. Objets, sous le prisme se**el, ces filles attendaient de ce drôle d’apôtre une autre messe que la stupide galipette. Je fis de mon mieux.

Les conquises aimaient, que prémisses précédant l’acte final , s’accompagnent de la musique des vers enregistrés en mes cellules grises.

Elles ne tarissaient pas d’éloge. On eut cru qu’elles s’échangeaient le tuyau : « il y a un drôle disgracieux zigoto, il te murmure lors de l’ébat intime des poèmes comme si tu étais seule au monde ». J’extrapole. Je tiens les derniers propos, d’une, d’entre-elles. La franche me l’avoua.

Honnête, je prévenais mes partenaires. J’y tenais à mon indépendance. Je ne pouvais être amoureux puisque j’étais, maladroitement, amour.

J’écartais, illico, l’espérance de mettre l’oiseau en cage, de l’embourber dans les codes, d’en faire comme l’autre, un mouton paissant sous l’autorité du loup.

Il y a de l’insouciance à vivre ainsi, libre. Ça se paie toujours, d’être d’un bloc, un trait unique devant l’autre.

Ma facture fut particulièrement corsée. Aujourd’hui, crabe pince fée, inspiration. La nonne des neurones anime, malgré tout, la cervelle f***e. Pour vous seuls, elle crée le rite dominical..

Je la suis d’une coudée de pas. Sur le trottoir, une jeune maman, cheveux bouclées, légèrement rousse, pousse un landau. Je l’observe à la dérobée.

Esthète, je remarque le cambrure de sa silhouette. Ses formes ravissent le peintre en moi, frustré.

Soudain, elle se retourne et me sourit. Une flaque de lumières illumine son visage et me transperce corps et tripes. On dirait presque une madone, venue saluer le fou.

Je note l’irruption de la beauté dans ce quotidien, sa façon spontanée, d’offrir à celui qui sait regarder une variation de son subtil. Je suis ragaillardi...

Je remonte au couvent. Je rédige quelques phrases que j’utilise au moment même où j’écris ce liminaire. L’écriture est un puzzle. Il faut accoler les pièces et essayer de rendre compte de l’infini qui nous dépasse.

Ce n’est pas la peine de s’égosiller sur son importance. Nous n’ignorons pas le théorème de la poussière. Pourtant, nous agissons côté petitesse que grandeur. Est- ce le système, le coupable ou est-ce nos gènes ?

On a du mal à se dégoûter de soi-même. Nous sommes humains, après tout.

C’est dans doute pour cela que je persévère à partager, dimanche, les fruits de mon vagabondage.

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ANTIPATHIE

Avant que je n’accroche la pluie, j’aurais mis entre elle et moi, la substance délicate de l’humus quand elle pose son museau sur les flancs de la terre.

J’écris la phrase sans chercher la signification qu’elle devrait avoir. Je m’étonne toujours devoir le redire que je ne suis pas un valet de la ferme société, encore moins un de ses maîtres. Je l’accompagne, contre mon gré, c’est tout.

J’erre, fétu de paille dans le tourbillonnement des feuilles quand celles-ci, sous l’effet du vent, interprètent, bayadères, une danse que mes mirettes voient.

Parfois, je me sens honteux de cette chance d‘appréhender le mystère, de ne pas y être entièrement embourbé, comme les autres, dans les miasmes du mercantilisme.

Je n’ai jamais éprouvé de la sympathie pour ce système dont la notion du profit, financier, bien-sûr. s’impose à l’humanisme.

J’écris. Je dis non à sa singerie.

***

IMPRESSION

Soleil soucieux gratte les nuages, parvient à immiscer ses rais jusqu’à la fenêtre de ma cellule. Plane dans le ciel, un rapace, trop loin. Je ne peux reconnaître son espèce. Au milieu des yeux des maisons, scintille une pâle lueur. Elle clignote par instant des petits feux blancs. Sur le bas côté du trottoir trottent formes humaines.

Il y a du Sacré dans la scène et je ne saurais dire pourquoi.

***

UN PET

Pet de soleil
sur la vitre
qu’amoindrit
un coussin
de nuages

Trait blanc
laisse sur les carreaux
la trace de
ce trop plein de gaz

***

SOUCI EXTRÊME

N’avoir ambition
que le souci extrême
d’immortaliser
dans les veines
du poignet
le mouvement
du ciel

***

LIBRE

A la rose
des étoiles
j’ai crié ma soif
de beauté universelle

Elle y répondit
accordant à mes mots
le droit de l’embraser
à mes épreuves
de lui donner
un ton inimitable

Couperet de mort
sur la gorge
je partirai ainsi

Serge Mathurin THÉBAULT

27 septembre 2026J’éblouis ! Enfin, je m’épate. Le moral, je le cultive aux petits oignons. Je l’ai trouvée, la recette,...
27/09/2026

27 septembre 2026

J’éblouis ! Enfin, je m’épate. Le moral, je le cultive aux petits oignons. Je l’ai trouvée, la recette, lors du caillou AVC. Je plonge dare-dare dans la mare de l’émotion. Je nage quelques brasses dans celle des sensations. J’ai le don.

Je ne la commercialise pas. Je suis contre l’offre et la demande qui régit ce monde. Je bécote le parfum du Sacré. D’ailleurs, le remède ressemble au vent, il souffle sans s’att**der à communiquer sa posologie.

Soit-dit passant, le dominical est détonateur. Cette obligation voulue, lors de sa rédaction, chasse les idées noires que crabe immisce au milieu de la cervelle. Fée les nettoie d’un coup de son balai magique. Je batifole ailleurs durant quelques heures. L’étrangère sert aussi, à cela. La gaillarde est multi-fonctions, psychologue, en l’occurrence.

« S, nue, fume ses phrases ». Je la trouve jolie, la lexie. Je l’inclus dans le liminaire. J’ignore sa suite. Je prends mon droit à la paresse.

Je continue après cet aparté. J’ai gibier dans ma gibecière. Je suis une source à narrer anecdotes. Pour l’instant, elle ne tarit pas malgré l’occupant des reins.

Petits pas se sont pris pour des grands. Badaboum ! Le pied ayant accroché racine d’un arbre, mon copain s’affale sur le trottoir. Je trottine derrière. Je m’inquiète. Il y a peut-être du cassé dans la chute.

Plus de peur que de mal, enfin, il l’affirme, le compagnon du soir. Le gandin, joli garçon, se relève. La leçon ne suffit pas. Le fêt**d veut encore téter les étoiles artificielles, que procure l’alcool avant la gu**le de bois.

Derechef, debout, paletot élégamment nettoyé d’un revers de la main, le dandy entraîne ma pomme vers la taverne la plus proche. Je suis, moins grisé, mais tout de même. Sur place, un ru de nanas se faufile parmi une foule mâle.

Lui ce qu’il veut, c’est draguer. Je ne suis pas adepte de ce jeu superficiel.
Je l’accompagne, fataliste. Nous nous asseyons sur une table, commandons deux houblons pour rafraîchir gorge sèche.

Mon chasseur me quitte, va quêter proie dans un halo de fumée. En ce temps-là, de ma jeunesse chue, les bistroquets acceptent les fu***rs.

Le dindon revient, accompagné d’une dinde. Enfin, je crois. La fille brune n’est ni jolie, ni laide. Elle patauge dans le quelconque.

« Je te présente, Isabelle, dit-il, tu pourrais lui faire un acrostiche, je lui ai promis »

Aucun problème, je saisis mon carnet à spirales et du coin de l’œil, observant mon modèle, je rédige le poème. Ce dernier plaît à la demoiselle, épatée par la rapidité de l’opération. Elle s’assied avec nous..

Je me trompe. L’insignifiance ne définit pas son domaine. Le texte, qu’elle inspire, le révèle. Au contraire, la passion occupe ce cellier. Dans le social, elle soulage par son travail d’infirmière, les couchés par la vieillesse. Je cause du corps, bien-entendu. Ceux de l’esprit sont trop nombreux.

Par ailleurs, Isabelle ne cache pas son goût pour l’art, la poésie, surtout. Elle s’enflamme sur le sujet. Et patati et patata, elle s’avère intarissable. Elle connaît l’art difficile jusqu’au bout des doigts. Mes esgourdes ravies se bercent de son babil.

Je ne l’ai vue qu’une fois, Isabelle. Son authenticité imprima son visage sur le registre de ma mémoire. Quelques nuées d’étoiles illuminaient ses yeux .

Fatigue impose sa léthargie. J’ai donné ce que j’avais, aujourd’hui. Ma santé ne m’autorise pas plus. C’est une façon, pas délicate de vous quitter, de vous envoyer les textes de la semaine. Je ne puis faire autrement.

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MA CAME

Je m’attends à fondre. Je précise dans ce tout que je ressens et m’obsède et que je ne peux définir, pour tout dire.

Je ne suis pas un hâbleur. Mort me fait peur, surtout la mienne même si elle ne me tétanise pas. Ce cancer du fond des reins rappelle le provisoire de l’existence donnée.

J’écris ces lignes comme pour contraindre la faucheuse à ret**der son ouvrage comme autrefois avec l’accident de voiture et le caillou AVC.

Ce coup-ci, la garce choisit crabe pour se manifester. J’opère dans le clair. J’y trouve dans la ribambelle de lueurs occupant mes yeux, une exonération de l’impôt terreur.

Je me fournis dealer, une pelletée d’étoiles J’emmerde la société de consommation, avec ses compromis, ses hiérarchies, son stupide entretien de la sottise, son apologie du médiocre.

Ma came est le Sacré. La perverse peut bien le celer pour entretenir son misérabiliste matérialisme. J’ai le don de traverser tous les obstacles pour aller trouver le miel de l’existence.

***

BERNIQUE LIBRE

Papiers à remplir, les barbants, les administratifs. Cette corvée se passe sur internet. Cela ne l’allège pas pour autant. J’aurais presque la certitude d’être comblé s’il n’y avait ce genre de tâches me rappelant que je ne suis qu’un élément du troupeau.

Vital, finalement, pour apprécier le travail accompli, être une bernique qui s’est décroché du rocher.

***

EN ATTENDANT LA FIN

Je tords les volets
j’épure la ligne
j’écris en sorte
que la lumière
rayonne
fond de couenne

J‘attends la fin
distraitement

L’œil basse vue
picore le ciel
et le plafond moucheté
de poèmes
que je n’écrirai jamais

***

AUCUN POÈME

Caresse pluie indéfinie

Œil de la mer
sur toi posé

Tu n’es pas loin
de la haute poésie

Aucun poème
même sublime
ne saura
en rendre compte.

Serge Mathrurin THÉBAULT

20 septembre 2026Je n’ai pas toujours été, moi, dans la pure poétique. Comme les autres, le con dut gagner son beefsteak...
20/09/2026

20 septembre 2026

Je n’ai pas toujours été, moi, dans la pure poétique. Comme les autres, le con dut gagner son beefsteak. Je ne sais pas comment j’y suis parvenu. Chance y contribua. Le reste n’est que secret de cuisine, pas toujours ragoûtante.

J’ai fermé un volet. Les rayons du soleil éclaboussaient le coin bureau. Il n’est pas aisé d’écrire lorsque l’œil cligne.

A présent, il ne me gêne plus, le facétieux. Je roucoule d’aise dans l’ombre. J’attends, l’opportune, la fée inspiration dont je vous ai tant parlé.

L’ouvreuse s’immisce lentement jusqu’à la hune, cerveau. Quel film propose la clandestine ? Quelles pellicules de mon cinéma intérieur va-t-elle faire jaillir sur l’écran de mon imaginaire ?

Les jours ne cessent de rallonger, plein juin, Paris, années quatre vingt dix. Septième arrondissement, bourgeois bienveillant, cheveux gris, élégant, un architecte parait-il célèbre (je l’ai su plus t**d), reçoit chez lui le griot libertaire.

Je l’ai connu sur le fil du hasard. Je tartinais, café chic, une page. J’attendais un ami inclus dans la case où l’argent n’est plus souci, ni un but. Celui-ci est né une cuillère d’or dans la bouche. Je l’avais rencontré l’an précédent alors que j’accomplissais mon numéro d’acrostiches .

Ce jour-là l’accompagnait donc le dit architecte. Ce fut notre premier échange. Il fut content de la rencontre avec l’énergumène. Preuve il le convia après avoir donné ses coordonnées, à venir le visiter.

Ce fut pour çà que j’étais là. Il ne faut pas négliger le message des signes.

Après apéro et conversation enflammé sur l’art, l’hôte, un fou de Van Dongen et Foujita (quelques unes de leurs toiles rayonnaient sur les murs de la pièce où nous causions), propose à son invité de le voir de haut, la capitale.

Bien-sûr, le barde, enthousiaste, accepte. Nous sortons de son appartement cossu. Nous montons quelques marches. Il ouvre une petite porte avec une petite clef. Nous y sommes sur le toit.

La ville lumière s’étale devant nous. La fer Eiffel, je la vois, pas que çà, d’ailleurs, la Notre Dame aussi. Le guide dirige mon attention sur les célèbres monuments. Le poète est aux anges. Il sniffe de l’émerveillement par ses mirettes. La marée de bâtiments baignée par un halo bleu, l’enchante. J’écris comme si j’y étais encore au-dessus de ce cœur fait d’immeubles irrigué par les artères rues.

Le panorama se grave dans le cellier de mes neurones. Je le ressors, quand au fond de ma cellule, je sollicite du beau, une de ses multiples variations..

Ma relation avec le bonhomme fut courte durée. La camarde ou la mort (pour les fâchés avec le vocabulaire) vint le chercher.

Pour la troisième fois, la gueuse flaire de mon côté. Dire que je m’en fous est faux. Dire que que je me résous à l’inéluctable serait un peu plus vrai. Je souhaite ret**der l’échéance.

Je persévère, en solitude soleilleuse, à la vivre intensément l’existence surtout sous son aspect Sacré.

Je ne suis pas de mon temps, ni celui d’hier. Je cherche l’authentique et par choix ou inadaptation, afin de le serrer au plus près de ma plèvre, je baguenaude en dehors des passions des hommes, en les vivant entièrement.

C’est pour cette raison que, depuis longtemps je crée dimanche, sous forme confidences. J’envoie sur vos murs, le dernier né.

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TARÉ LE SERGE MATHURIN ?

En cette heure-ci, la rue n’est plus que silence. J’attends le bruit intempestif, le vrombissement d’un moteur, une voix enfantine ou adulte. celui qui troublera l’harmonie.

J’écris mes lignes en patientant, pas longtemps. Une mélopée venant du toit d’en face emplit l’air d’un son mélodieux. Les zoziaux ont pris habitude de se nicher derrière la cheminée de la maison d’en face. Je ne les vois pas.

Il me vient une idée absurde, me métamorphoser en oiseau, les rejoindre.

Je me concentre. Je ferme mes paumières. Tout-à-coup, je quitte mon corps. Je suis en route vers eux. Le soleil éclaire ma hutte.

Taré le Serge Mathurin ? Sans doute. Fée, l’inspiration, permet une telle hallucination.

J’écris, pour cela, aussi.

***

L‘IGNORANT

Homme ignore
le basané de son âme

***

ORPHÉON

Dans le fouillis
de ses habits

Fée trouva
corsage grenat
le mit
et fit
sensation
au bal de l’orphéon

***

LES HIRONDELLES

Longue avenue
sur laquelle
baissent le cou
corbeaux métalliques :
les réverbères.

Il y a du rai soleil
sur les persiennes
des magasins

Des figures dansent
dans les vitrines
pour capter l’attention
du chaland

Voici coin de rue
le passage des hirondelles
à tire-d’ailes
fans du ciel

***

PAS RENTABLE

Je ne suis qu’un em*****ur, un poète. Je ne participe pas au carnaval de la société consumériste. Je lui ai dit non et fis avec pour loger et nourrir l’embryon d’étoile que je suis.

La fumeuse n’offre que des rêves matérialistes, des pâles figures de rêves. Quand on ne peut pas le définir, le rêve, alors là, l’aventure devient excitante.

On entre dans le mystère que propose le Sacré. C’est dire qu’on quitte le médiocre !

Serge Mathurin THÉBAULT

13 septembre 2026Il faut que je monte en moi, pour vous écrire, espoir, peut-être vain, d’être au plus près de vous..Mal...
13/09/2026

13 septembre 2026

Il faut que je monte en moi, pour vous écrire, espoir, peut-être vain, d’être au plus près de vous..

Malgré soucis santé travaillant la besace, je l’exécute, presque léger, la dite opération. Je puise, à l’haveneau inspiration, les papillons mots. Je crée notre dimanche.

Que se balance une lumière dans ma tête lunaire et hop, c’est parti ! Je suis sous influence magique. Je suis autre. J’appareille, seul, vers un espace que seule la félicité occupe. Je la nomme fée celle qui s’empare de ma carcasse. Je n’ai pas trouvé nom plus précis. L’enchantement qu’elle me procure n’est pas étranger à ce choix.

J’accompagne la visiteuse spirituelle par des gestes incongrus. Pour qu’elle soit en moi le plus longtemps possible, je caresse mon front, pose souvent la main sous mon menton.

Parfois, j’effectue quelques pas en rond dans la pièce de mon couvent. Je récite tout haut des phrases à peine nées quand leur musique me paraît imparfaite. Imaginez la scène ! L’énergumène gu**le en sa cellule monacale une lexie pour la parfaire.
Comment aurait-il pu vivre en couple ?

J’évoque, coté cuisine, la fabrication du dominical. J’insiste sur l’aspect donné de la chose. J’omets un peu la difficulté de cueillir l’énergie, d’y entrer en entier dans cette féerie.

Je mets sous cloche mes inadaptations au monde du profit, mon impossibilité de me fondre dans le magma de l’ennui où s’écoule la petitesse. J’accroche ma comète au vent des illusions. J’allume le fichu de ma paillasse du feu premier. Sous l’irréfléchi besoin de panache, j’exprime ma liberté.

Ce n’est pas envoyé cela !

J’arrime ma montgolfière. Je redescends de mon ballon hélium. Je n’ai jamais su quitter, même si maintenant, il s’avère sage, l’enthousiasme. Le drôlet entretient l’espérance.

Tiens, ai vu Mister Bean, qui comme d’habitude, marchait à la manière du héron au milieu de la rue. Enfin, c’est l’oiseau qui m’aperçut. Il cria l’épithète « poète », faisant sursauter les passants. L’anonymat, le zigoto le pulvérise .

Pourtant, Christian n’a jamais lu une ligne de mes textes. Cela ne l’empêche pas de m’auréoler du statut. La rumeur, sans doute, mélange de quolibets et de respect lui suggère l’adjectif. Il le dit sincère. L’échassier ne connaît pas l’hypocrisie.

D’ailleurs, à son insu, il vit en poésie. Il ne se préoccupe pas de l’affect des autres, s’en contrefout de leurs jugements, de leur respectabilité sotte. Il happe les petits poissons d’or de l’existence. Je l’envie quoiqu’il n’en soit pas conscient.

Vu aussi, elle trottinait dans une rue, V. Nous avons le même âge. Enfant, sa bouille extasiait les adultes. Adolescente, la perle incarna la beauté physique, une sorte de Barbie brune, aux traits fins, au visage angélique..

Je l’ai côtoyée un peu, pas beaucoup. Ses atouts l’installèrent sur le trône d’or du confort matériel. Sa vénalité me fit m’éloigner d’elle.

Je ne l’avais pas revue depuis des années. Hier, je la croisais. « Tu ne ma reconnais pas» dit-elle, étonnée. Comment aurais-je pu déceler sous ce visage flétri devenu pomme ridée, la nymphe qu’elle fût ? Le temps est ennemi du clinquant.

Je n’ai pas d’autres choses à conter aujourd’hui. Alors, je m’acquitte de mon obligation volontaire, hebdomadaire. J’expédie sur vos murs poèmes et proses

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UNE PROSE ACCOUCHE D’UN POÈME

Je suis, moi aussi, une fêlure. Si j’en suis pas une alors je viens d’elle.

Je suis, certain, une blessure. Je la cicatrise tous les jours. J’appose sur mes plaies le baume du poème que fée inspiration fournit, parfois, parcimonieusement, en mon périple chaotique.

Il n’est pas plus précise boussole que la douleur. Je parle de celle qui opère le schisme entre le corps et l’esprit. Elle nous évite de nous perdre dans les méandres du paraître, d’enregistrer l’existence au ralenti.

Tout devient espace où non seulement, on construit son rêve, mais où s’accomplit sous les traînées qu’il laisse derrière lui, l’inaccessible

Je suis tout bazar ce matin. Je laisse l’idée préempter la sensation. Je m’approche de la fenêtre pour ne pas me perdre tout-à-fait.

Les cils gris des nuages au-dessus des paupières des maisons austères, paissent moutons. Il y a un coulis de bruit dans la rue, sorte de cascade presque tarie. Moteur vrombit. Voix claires d’adolescents lui succèdent puis un aboiement d’un chien. Je mélange les trois, en crée un poème. Il vaut l’instant qui me le donne :

SEPTEMBRE

Chien aboie

S’égosillent en geyser
voix adolescentes

Les nuages pâtissent
de n’être
qu’un voile lourd informe

Pétarade le moteur
d’une motocyclette

Septembre
se lasse
d’être septembre.

***

DÉCOR

Arbre de jade
sur pile de cartons
se penche
sur son pot de grès

Lumière blanche
donne au guingois
l’équilibre
des danseuses

Un pâle soleil
la crée
à travers les nuages

Une guitare pose
contre l’angle du mur
cou effilé
hanches voluptueuses

Ici couvent
septembre graisseux

Je monologue le décor

***

NOTE DU SOIR

Le système est finalement le miroir des défauts des hommes. Il adoucit peu leurs effets. Je dirais même qu’il les amplifie.

Serge Mathurin THÉBAULT

6 septembre 2026Pathos, non. Je ne cherche pas l’apitoiement. Je fleurette ailleurs du sentiment mièvre, de l’affect imb...
06/09/2026

6 septembre 2026

Pathos, non. Je ne cherche pas l’apitoiement. Je fleurette ailleurs du sentiment mièvre, de l’affect imbécile. Et, si je cause de mon crabe qui rogne mes viscères, c’est pour toiser le diable.

Je lui adresse un message. Malgré sa présence, je ne cesserai jamais de pépier un chant que fée donne. Je n’y tiens pas, moi, à abandonner ma lumineuse liberté.

J’avertis le lecteur du rite. Le fâcheux risque d’être évoqué souvent avant qu’il ne gagne la partie, que la camarde m’évite le grand âge et ses emmerdements.

Je préviens. J’assume. Je dis tout haut, authentique. Je ne cache rien. Je ne suis pas là pour divertir mais nous envoyer, vous et moi, si possible, vers le subtil de l’existence.

Ce petit avertissement, écrit, reprenons notre ballade dominicale.

Un petit gris d’automne couvre le ciel. La cohorte des touristes a disparu. Un silence emplit la rue. Il y a du recueillement dans l’air que cueillent mes neurones, sans effort. Tout-à-coup, il pleut. Je triture mes méninges. Je les taquine. Du nouveau, il faut. Ça y est ?

Peut-être, peut-être pas. C’est tout confus dans ma cafetière. Je dissous ma langueur dans une sorte d’ébahissement. Je plâtre, gamin, ma jambe de bois des sensations que j’avale, idiot halluciné. J’ai troqué le monde d’ici pour le monde là-bas. J’effectue, en toute imputé, mon vol de piaf. Cela m’arrive de plus en plus souvent.

Petit bistrot glauque, ici, ma ville, j’exporte mes délires. Les insoumis emportent dans leur tourbillon, une fille brune, jolie, belle poitrine.

La musique des mots échappe de ma bouche. La nymphe est toute bue par ce flot ininterrompu. Je lui cause de ma marginale vie, de mon refus de suivre le troupeau, de ce que le beau peut offrir à toute vie corsetée. En fait, je lui parle, sans arrières pensées, de ma quête du merveilleux.

C’est elle qui proposa que je l’amène chez moi, pour poursuivre la soirée. Le prétexte fut que je lui montre, au cabanon, mes compagnons livres, barrages contre les vagues de l’ennui.

Au départ, libido ne fut pas de la partie. Mais chemin, faisant, l’obsédante prit part à nos échanges. Pris par l’élan du désir, je voulus les reluquer, ses nichons voluptueux..

La belle mit du temps à accepter mais devant l’insistance du poète, muse ôta, pudique, chemise et soutif. Elle lui dévoila ses nénés. Oh, l’impudente ! La dévergondée faillit faire exploser la tête de l’aède, lorsqu’il les vit, nues, les mamelles saintes.

Je m’en souviens. J’ai utilisé la scène dans une pièce théâtrale. Deux répliques résument le moment : «ce ne sont que seins de femme », « ils écartèlent mon cerveau ! ».

Éros ne fut pas compagnon familier de la route. Dionysos le remplaça souvent.

Je m’en fous. Je peux tout écrire. Je ne suis pas là pour plaire, pas de postérité à choyer. Je n’ai aucune place à défendre ou à conquérir.

C’est ma façon, boulanger de le poésie, d’envoyer la nouvelle fournée dominicale.
Me suis-je mis, à vos yeux, dans le pétrin ?

*********************************

VICE-VERSA

En agissant avec les autres, je me fis l’illusion. Je n’étais pas forgé pour l’action. Je le fis par opportunisme, par désir d’être un lierre sur un mur s’effritant. Je me suis trompé. Je n’ai fait que m’éloigner de ma propre vérité. Je me suis égaré sur le versant de la montagne sacrée, sans chercher à rejoindre le sommet.

J’accepte mes errements. Le médiocre nous éloigne du noyau central, indéfinissable.
Tout n’est qu’affaire de senti.

Maintenant, tout dégagé des cordes de l’enfermement, que constitue une société d’avoir, délesté des foutaises hiérarchiques, de l’illusion du mérite, je jouis l’instant comme je ne savais le faire. J’en extirpe plus de transcendances qu’avant.

Je constate. La liberté n’a pas de verbe actif. Je le crée, en solitude, sans vocable qui explique. Le poids de l’affect se délite. J’ai acquis ce quelque chose qui mène d’ici à l’infini et vice-versa.

***

SIGNES ET TROUVAILLES

Quand les signes ne se manifesteront plus, je serai hors du chemin voulu, celui de la poésie.

Hélène Cadou me disait qu’ils servaient de boussole à l’appelé. Elle ajoutait, pareilles, les trouvailles, qui à son insu, jaillissent dans ses textes.

Guillevic et d’autres que j’ai aimés, me disaient la même chose.

***

L’ŒUVRE PARFAITE

La phrase a disparu. Elle ne plaisait pas à l’oreille. Je l’ai biffée. Dans la précipitation, je n’ai pas ôté le point qui l’achevait. Ce n’est plus qu’un signe sur la page. L’œuvre parfaite !

***

EMMANUEL BERL

En grimpant les escaliers, le désir atteint son paroxysme. J’ai lu cette vérité chez Emmanuel Berl alors qu’il montait avec une prostituée dans sa chambre.

***

UN SOLEIL

Ronde table marron

Pomme

Chaises en bois
l’encerclent

Au milieu de la salle
un soleil
aux quatre oreilles !

***

LE GOÉLAND

Puisque le cri
annonce l’âme

Sur le parapet bleu
cerf-volant
blanc et gris
boutant
nuages
le goéland
raille

L’oiseau explore
son territoire

Serge Mathurin THÉBAULT

30  août 2026Paris cossu cache les injustices. Années quatre vingts, votre jeune griot, lors de ses séjours, est logé ru...
30/08/2026

30 août 2026

Paris cossu cache les injustices. Années quatre vingts, votre jeune griot, lors de ses séjours, est logé rue de Rivoli, au dernier étage d’un immeuble. Deux pièces et une mini-salle de bains affirment son confort.

A sa fenêtre, le clocher de Saint-Germain l’Auxerrois le salue tous les matins. A droite, le Louvre paît mouton le long de la Seine. Heureux nigaud, il n’a que quelques pas à effectuer pour noyer son inculture picturale.

Le gredin n’a pas de sous. Gratuit lui est offert l’abri et l’indépendance qui va avec.
En échange, il joue la curiosité à l’étage du dessous. Certaines soirées, le mécène munificent présente à ses relations, sa trouvaille. Il l’a dénichée lors de ses pérégrinations en Bretagne. Le phénomène écrivait des acrostiches aux touristes.

Je narre la dernière séance. Il y a là une vingtaine de personnes femmes et hommes Tous dégagent une aisance financière devant laquelle le pecnot fait pâle figure.
Qu’importe, il faut parfois une tache pour rendre le tableau harmonieux.

J’écoute, bien blotti et sage dans un fauteuil moelleux. Le sujet de la conversation, ce soir-là, porte sur les vies antérieures Je m’en tiens au silence. J’y connais rien à la réincarnation. Les convives parlent « régression ». Les invités l’ont, tous, pratiquée, l’opération, revivre vies qu’on a eu..

Dans l’une d’elles, un petit homme mafflu fut César. Un sec et maigre, conduisit ses troupes jusqu’au abords de l’inde, sous le nom d’Alexandre le grand et dans une autre, assassina son père adoptif, le joufflu, qui parlait précédemment, sous le prénom de Brutus..

Une élégante, femme brune, classe, avoua, lèvres pincées, que lors de ses vies anciennes, elle dirigea le royaume d’Égypte. Elle utilise le savon « Cléopâtra » résidu de sa gloire déchue. Je déduis. Elle fut l’amante du grassouillet.

Je note. Durant le récit de ses fabuleuses existences, personne ne changea de genre.

Vint mon tour. Je ne me démontais pas sous l’effet du ch*****ne bu.
Je mentais éhontément. Je l’avais, moi aussi, effectuée l’expérience. .

« Vous pouvez raconter , jeune poète ? » me dit sceptique ma voisine la plus proche.

« Me souviens pas de toutes mes tribulations, mais d’une » « Ah bon,racontez » me fit la fausse intéressée. « Je travaillais, à côté, au Palais Royal. J’étais fille de petite vertu et je crois que c’est moi qui fila la chtouille à Louis XIV.».

Un silence glacé suivit.

Adieu, veaux, vaches et cochons, après cette provocation. je fus personnage non- gratta chez ce bourgeois.

Ce fut mon premier non à la farce. Il fut tonitruant. Les autres prirent en compte l’obligation du manger et du coucher. Ils accompagnèrent ma musique intérieure. La précieuse déteste la vanité, d’où mon absence voulue des cercles littéraires. Elle réclame l’authenticité pour dévoiler ses paradis..

Le hasard me fit créer un jardin. C’est notre dimanche. J’y partage fruits reçus durant la semaine, poèmes et prose. Je dis oui à la vie et non au système. Le pourri engendre les injustices.

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UN PEU DE LITTÉRATURE

La littérature n’est faite que de légendes. J’écoute une émission sur le Marcel, le prout de Céline. C’est vrai que c’est em*****nt, pontifiant. Il faut mieux lire l’œuvre que les commentaires dessus. J’ai mis trente ans à y entrer dedans, l’univers du divin inverti. Il suffisait, en ce qui me concerne, de lire une centaine de pages avant que son style ne me prenne sous son aile. C’est un Proustien qui me donna ce conseil. Je l’en remercie. J’ai tout lu, relu sa recherche.

Par contre, je suis entré beurre fondu dans le voyage de Louis-Ferdinand et les autres qui suivirent. J’ai même digéré la surface décrépie de son antisémitisme dans ses pamphlets, jusqu’à avaler ses effets de ponctuation dans ses derniers ouvrages.

Je cause un peu, comme eux, les intellects. Je parle de moi à travers l’autre, sans rien apporter au sujet.

Non, finalement, j’évite le grand et le petit, adjectifs que les idolâtres utilisent souvent. Je ne juge pas. Je lis les deux parce qu’ils écrivent le tout. J’y trouve dans leurs créations, les effluves du Sacré.

***

CISELEUR

La chaleur des mots, quand ils se gaussent de l’explication, éclairent. Je dis par là qu’ils dévoilent un mystère que la raison, en ses crocs fermés, refuse l’accès.

J’ai la réalité devant moi, la vraie, celle qui ne s’écoule pas sous le joug d’une époque et de sa morale mercantiliste. Je l’épouse quand réellement je me suis mis à l’abri du faux. C’est- à dire que je me suis oublié dans une somme d’émotions et de sensations pures.

J’échappe par cet acte fou, aux honneurs et aux pouvoirs. aux sombres enclumes que le médiocre met sur toute passion. Je cisèle la liberté acquise.

***

ÊTRE UN RÉSUMÉ

Nous serons
soudain une prose
ayant pris par mégarde
le privilège du poème

Être
non un commentaire
mais le résumé
astral de l’univers

***

QUATRE VINS

Une flamme d’argent

Le hibou civilise la nuit
en ses yeux perçants

Je suis arrivé à prendre
l’or des contrebandiers
dans l’aube
de leurs mains brutes

J’essaime leurs trésors
en mots contraires
lune et soleil
bruit et silence

Je m’affaire
aux quatre vins
de mon ivresse :

parfums
sensations
émotions
plénitude

***

NOTES DU SOIR

1

La liberté, la sensation sublime de l’âme.

***

2

La philosophie est le pet de la poésie.

Serge Mathurin THÉBAULT

Adresse

Auray
56400ET75006

Téléphone

0618092100

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