04/10/2026
4 octobre 2026
Mes lèvres chuchotent au creux du lobe de se petite oreille, fine, des vers de Guillaume Apollinaire dont: « tes seins sont les seuls obus que j’aime ».
En même temps, les doigts de mon bras court caressent le mamelon de son robert gauche, raidi sous l’effet de la caresse, tandis que, les lutins de l’autre main constatent l’humidité immiscée dans sa toison
Je le vécus, moi aussi, le plaisir charnel, parcimonieusement. Mon refus du faux et du couple, un physique quelconque, emmanché d’un bras tournicoté, ne facilitèrent pas la libido. Le manque d’oseille plomba l’affaire. La rareté apporte du divin à ce geste anodin surtout quand il est la conséquence d’une poétique rencontre.
Il y en a eu, quelques unes, souvent gracieuses. « Canon » sifflaient les envieux copains. Objets, sous le prisme se**el, ces filles attendaient de ce drôle d’apôtre une autre messe que la stupide galipette. Je fis de mon mieux.
Les conquises aimaient, que prémisses précédant l’acte final , s’accompagnent de la musique des vers enregistrés en mes cellules grises.
Elles ne tarissaient pas d’éloge. On eut cru qu’elles s’échangeaient le tuyau : « il y a un drôle disgracieux zigoto, il te murmure lors de l’ébat intime des poèmes comme si tu étais seule au monde ». J’extrapole. Je tiens les derniers propos, d’une, d’entre-elles. La franche me l’avoua.
Honnête, je prévenais mes partenaires. J’y tenais à mon indépendance. Je ne pouvais être amoureux puisque j’étais, maladroitement, amour.
J’écartais, illico, l’espérance de mettre l’oiseau en cage, de l’embourber dans les codes, d’en faire comme l’autre, un mouton paissant sous l’autorité du loup.
Il y a de l’insouciance à vivre ainsi, libre. Ça se paie toujours, d’être d’un bloc, un trait unique devant l’autre.
Ma facture fut particulièrement corsée. Aujourd’hui, crabe pince fée, inspiration. La nonne des neurones anime, malgré tout, la cervelle f***e. Pour vous seuls, elle crée le rite dominical..
Je la suis d’une coudée de pas. Sur le trottoir, une jeune maman, cheveux bouclées, légèrement rousse, pousse un landau. Je l’observe à la dérobée.
Esthète, je remarque le cambrure de sa silhouette. Ses formes ravissent le peintre en moi, frustré.
Soudain, elle se retourne et me sourit. Une flaque de lumières illumine son visage et me transperce corps et tripes. On dirait presque une madone, venue saluer le fou.
Je note l’irruption de la beauté dans ce quotidien, sa façon spontanée, d’offrir à celui qui sait regarder une variation de son subtil. Je suis ragaillardi...
Je remonte au couvent. Je rédige quelques phrases que j’utilise au moment même où j’écris ce liminaire. L’écriture est un puzzle. Il faut accoler les pièces et essayer de rendre compte de l’infini qui nous dépasse.
Ce n’est pas la peine de s’égosiller sur son importance. Nous n’ignorons pas le théorème de la poussière. Pourtant, nous agissons côté petitesse que grandeur. Est- ce le système, le coupable ou est-ce nos gènes ?
On a du mal à se dégoûter de soi-même. Nous sommes humains, après tout.
C’est dans doute pour cela que je persévère à partager, dimanche, les fruits de mon vagabondage.
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ANTIPATHIE
Avant que je n’accroche la pluie, j’aurais mis entre elle et moi, la substance délicate de l’humus quand elle pose son museau sur les flancs de la terre.
J’écris la phrase sans chercher la signification qu’elle devrait avoir. Je m’étonne toujours devoir le redire que je ne suis pas un valet de la ferme société, encore moins un de ses maîtres. Je l’accompagne, contre mon gré, c’est tout.
J’erre, fétu de paille dans le tourbillonnement des feuilles quand celles-ci, sous l’effet du vent, interprètent, bayadères, une danse que mes mirettes voient.
Parfois, je me sens honteux de cette chance d‘appréhender le mystère, de ne pas y être entièrement embourbé, comme les autres, dans les miasmes du mercantilisme.
Je n’ai jamais éprouvé de la sympathie pour ce système dont la notion du profit, financier, bien-sûr. s’impose à l’humanisme.
J’écris. Je dis non à sa singerie.
***
IMPRESSION
Soleil soucieux gratte les nuages, parvient à immiscer ses rais jusqu’à la fenêtre de ma cellule. Plane dans le ciel, un rapace, trop loin. Je ne peux reconnaître son espèce. Au milieu des yeux des maisons, scintille une pâle lueur. Elle clignote par instant des petits feux blancs. Sur le bas côté du trottoir trottent formes humaines.
Il y a du Sacré dans la scène et je ne saurais dire pourquoi.
***
UN PET
Pet de soleil
sur la vitre
qu’amoindrit
un coussin
de nuages
Trait blanc
laisse sur les carreaux
la trace de
ce trop plein de gaz
***
SOUCI EXTRÊME
N’avoir ambition
que le souci extrême
d’immortaliser
dans les veines
du poignet
le mouvement
du ciel
***
LIBRE
A la rose
des étoiles
j’ai crié ma soif
de beauté universelle
Elle y répondit
accordant à mes mots
le droit de l’embraser
à mes épreuves
de lui donner
un ton inimitable
Couperet de mort
sur la gorge
je partirai ainsi
Serge Mathurin THÉBAULT